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L’ACRE en 2026 : définition, conditions, fonctionnement

14 déc. 2021 à 20:55 (mis à jour le 28 mai 2026 à 16:11)Temps de lecture : 8 min
Rédigé par Anaïs Navarro

L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) est une aide permettant aux créateurs et repreneurs d’entreprise de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant leur première année d’activité. Cette aide peut permettre de réduire significativement le coût des charges sociales au démarrage d’une activité. Qui peut bénéficier de l’ACRE ? Quel est le montant de l’exonération ? Comment effectuer la demande auprès de l’URSSAF ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement de l’ACRE en 2026.

L’ACRE en 2026 : définition, conditions, fonctionnement
14 déc. 2021 à 20:55 (mis à jour le 28 mai 2026 à 16:11)Temps de lecture : 8 min
Rédigé par Anaïs Navarro
📌 L’essentiel à retenir sur l’ACRE
  • L’ACRE permet une exonération partielle de charges sociales pendant 12 mois.
  • Elle concerne les créateurs et repreneurs d’entreprise sous certaines conditions.
  • Les micro-entrepreneurs peuvent également en bénéficier.
  • Une demande doit être effectuée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité.
  • A compter du 1er juillet 2026, l’exonération des micro-entrepreneurs est réduite à 25 %.

Qu’est-ce que l’ACRE ?

L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) est une aide destinée à favoriser la création et la reprise d’entreprise.

Ce dispositif permet au créateur ou repreneur d’entreprise de bénéficier d’une exonération partielle de charges sociales pendant les 12 premiers mois d’activité. Pour les micro-entrepreneurs, l’aide prend la forme d’une réduction temporaire du taux de cotisations sociales.

L’objectif : réduire les charges au démarrage afin d’aider les entrepreneurs à lancer leur activité dans de meilleures conditions financières.

L’exonération concerne notamment les cotisations d’assurance maladie, maternité, invalidité-décès, allocations familiales et retraite de base.

En revanche, certaines cotisations restent dues : la CSG-CRDS, la retraite complémentaire, la contribution à la formation professionnelle, le versement mobilité et les cotisations accidents du travail.

Qui peut bénéficier de l’ACRE ?

Pour bénéficier de l’ACRE, le demandeur doit créer ou reprendre une entreprise, que l’activité soit exercée :

  • En entreprise individuelle ;
  • En micro-entreprise ;
  • Sous la forme d’une société (SASU, SAS, SARL, EURL, etc.).

Par ailleurs, le demandeur doit être éligible, c’est-à-dire être dans l’une des situations suivantes :

  • Les demandeurs d’emploi indemnisés ;
  • Les demandeurs d’emploi non indemnisés inscrits sur la liste des demandeurs d’emploi depuis plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
  • Les demandeurs d’emploi de moins de 30 ans qui ne remplissent pas les conditions de durée d’activité pour bénéficier de l’ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi) ;
  • Les bénéficiaires du RSA ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) versée en fin de droits au chômage ;
  • Les personnes de 18 à 25 ans ;
  • Les personnes de 18 à 29 ans en situation de handicap ;
  • Les personnes salariées ou licenciées d’une entreprise en procédure de sauvegarde, en redressement judiciaire ou liquidation judiciaire et reprenant une entreprise ;
  • Les personnes sans emploi titulaire d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) ;
  • Les personnes créant ou reprenant une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ;
  • Les personnes créant ou reprenant une entreprise implantée dans une commune située dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ou France ruralités revitalisation plus (ZFRR+) ;
  • Les bénéficiaires de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE).

Attention : si au cours des trois dernières années vous avez bénéficié de l’ACRE, alors l’aide ne pourra pas être octroyée une seconde fois.

Conditions en cas de création de société

Lorsque l’entreprise est créée ou reprise sous forme de société (SASU, SAS, SARL, EURL…), le bénéficiaire de l’ACRE doit en exercer effectivement le contrôle. Cela signifie :

  • Soit détenir personnellement ou avec son conjoint, ses ascendants et descendants, plus de 50 % du capital dont au moins 35 % à titre personnel ;
  • Soit détenir personnellement ou avec son conjoint, ses ascendants et ses descendants, au moins 1/3 du capital dont au moins 25 % à titre personnel, sous réserve qu’aucun autre actionnaire ne possède plus de 50 % du capital.

Ces conditions doivent être au moins effectives pour une durée de 2 ans.

Quel est le montant de l’exonération ACRE en 2026 ?

Le montant de l’exonération dépend du revenu du créateur ou repreneur :

  • Si le revenu professionnel est inférieur ou égal à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) (soit 36 045 € en 2026), le montant de l’exonération est fixé à 25 % de ces cotisations ;
  • Si le revenu professionnel est compris entre 75 % et 100 % du PASS (soit entre 36 045 € et 48 060 € en 2026), l’exonération est dégressive.
  • Si le revenu professionnel est supérieur au PASS (soit 48 060€ en 2026), l’exonération n’est pas applicable.

Pour les micro-entrepreneurs

À compter du 1ᵉʳ juillet 2026, le micro entrepreneur créateur ou repreneur d’entreprise bénéficie d’un taux minoré de cotisations sociales égal à 75% du taux normal des cotisations sociales. L’exonération de cotisations sociales est donc de 25 %.

Avant cette date, le taux minoré est de 50% des taux habituels de cotisations sociales, et l’exonération de cotisations sociales est donc de 50 %.

Exemple de calcul de l’ACRE

Un micro-entrepreneur exerçant une activité de prestations de services relevant normalement d’un taux de cotisations sociales de 24,6 % bénéficie d’un allègement grâce à l’ACRE.

  • Pour les créations réalisées avant le 1er juillet 2026, l’exonération est de 50 %. Le taux de cotisations est donc ramené à 12,3 %.
  • Pour les créations réalisées à compter du 1er juillet 2026, l’exonération n’est plus que de 25 %. Le taux de cotisations applicable est alors de 18,45 %.

L’avantage accordé aux micro-entrepreneurs est donc nettement réduit à compter du 1er juillet 2026.

Quelle est la durée de l’ACRE ?

L’ACRE est accordée pendant une durée de 12 mois à compter de la date :

  • De début d’activité pour les assimilés salariés (présidents de SAS/SASU ou gérants égalitaires ou minoritaires de SARL) ;
  • D’affiliation au régime social des indépendants pour les TNS – travailleurs non-salariés (pour les gérants d’ EURL et gérants majoritaires de SARL).

Micro entrepreneurs

Pour les micro-entrepreneurs, l’exonération s’applique à compter de la date de début d’activité, et s’applique jusqu’à la fin du troisième trimestre civil.

Il est généralement recommandé de démarrer sa micro-entreprise en début de trimestre civil et de faire sa demande d’Acre tout de suite après la réalisation des formalités d’immatriculation sur le guichet des formalités des entreprises.

Comment demander l’ACRE ?

La demande d’ACRE doit être réalisée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d’activité.

Plusieurs étapes sont nécessaires :

Attention
Jusqu’au 31 décembre 2025, aucune formalité n’était à effectuer : l’ACRE était obtenue automatiquement au moment de la création ou de la reprise de la société ; ce n’est plus le cas.

Récapitulatif des changements de l’ACRE en 2026

Depuis les évolutions applicables en 2026 :

  • La demande d’ACRE doit faire l’objet d’une demande auprès de l’URSSAF dans un délai limité ;
  • Pour les micro-entrepreneurs, à compter du 1er juillet 2026, le taux d’exonération passe notamment de 50 % à 25 %.

ACRE, ARE ou ARCE : quelles différences ?

L’ACRE, l’ARE et l’ARCE sont trois dispositifs différents souvent utilisés lors de la création d’entreprise.

  • L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) permet au créateur d’entreprise de continuer à percevoir une partie de ses allocations chômage tout en développant son activité.
  • L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet de recevoir une partie de ses droits chômage sous forme de capital. Cette aide est versée par France Travail.

Peut-on cumuler ces dispositifs ?

Il est possible de cumuler l’ACRE et l’ARE. Attention toutefois les règles de cumul dépendent de la rémunération du dirigeant et du statut juridique choisi.

Il est également possible de cumuler l’ACRE et l’ARCE. Par ailleurs, pour bénéficier de l’ARCE, il est généralement nécessaire d’avoir obtenu l’ACRE.

Tableau récapitulatif

Dispositif Objectif Organisme
ACRE Réduire les cotisations sociales URSSAF
ARE Maintenir le chômage France Travail
ARCE Recevoir un capital France Travail

Notre conseil : il existe de nombreuses aides pour créer une entreprise. Rapprochez-vous d’un cabinet d’expertise comptable pour être guidé et conseillé dans vos démarches.

Anticiper la fin de l’ACRE : le piège des charges sociales

L’une des erreurs les plus fréquentes chez les créateurs d’entreprise consiste à construire leur budget uniquement avec les charges réduites de la première année.

Or, à la fin de l’ACRE, les cotisations sociales augmentent mécaniquement. Cette hausse peut fortement impacter la trésorerie, la rémunération du dirigeant ou la rentabilité de l’activité.

Il est donc essentiel d’anticiper dès la création :

  • Le niveau de charges « après ACRE » ;
  • Les besoins de trésorerie ;
  • Et la stratégie de rémunération du dirigeant.

 

 

L’ACRE reste en 2026 une aide particulièrement intéressante pour réduire les charges sociales lors du lancement d’une activité. Pour de nombreux créateurs d’entreprise, elle permet d’améliorer la trésorerie au démarrage et de sécuriser les premiers mois d’activité.

Toutefois, le dispositif devient plus technique avec l’évolution des règles applicables, les démarches à effectuer auprès de l’URSSAF ou encore les nouvelles conditions concernant les micro-entrepreneurs. Une mauvaise anticipation peut rapidement avoir des conséquences sur la trésorerie, le niveau des cotisations sociales ou la rémunération du dirigeant.

Être accompagné dès le lancement permet d’optimiser les aides disponibles, de sécuriser les démarches et d’éviter des erreurs coûteuses dès les premières années d’activité.

FAQFAQ – Questions fréquentes sur l’ACRE
L’ACRE est-elle automatique ?

Non. Depuis 2026, une demande doit être adressée à l’URSSAF dans les délais prévus.

Peut-on bénéficier deux fois de l’ACRE ?

Un délai de trois ans doit être respecté avant de pouvoir bénéficier à nouveau du dispositif.

Une SASU peut-elle bénéficier de l’ACRE ?

Oui, sous certaines conditions.

Quel est le délai pour demander l’ACRE ?

La demande doit être effectuée dans les 60 jours suivant le début d’activité.

Peut-on cumuler l’ACRE et l’ARE ?

Oui, sous conditions.

Anaïs Navarro
Cet article a été écrit par
Rédactrice web en gestion d'entreprise
Anaïs Navarro
Anaïs est rédactrice web spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat : création d’entreprise, comptabilité, fiscalité ou encore paie. Elle met son aisance rédactionnelle au service de la pédagogie et collabore régulièrement avec des experts métiers. Son objectif : rendre les sujets techniques accessibles à tous en les traduisant en conseils concrets, clairs et utiles.
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