Notes de frais et facturation électronique : e-invoicing ou e-reporting ?
La facturation électronique ne concerne pas seulement les factures fournisseurs ou clients : elle impacte également la gestion des notes de frais. Il s’agit de l’un des cas d’usage particuliers identifiés par la DGFiP dans ses spécifications externes, qui servent de cadre de référence pour la mise en œuvre opérationnelle de la réforme. Leur traitement va notamment dépendre d’un critère essentiel : au nom de qui la facture est émise. Focus sur la gestion des notes de frais dans le cadre de la facturation électronique.
- Les notes de frais ne sont pas exclues du dispositif de facturation électronique : il s’agit de l’un des cas d’usage spécifique identifié par la DGFiP.
- Leur traitement dépend du nom figurant sur la facture justificative, déterminant si l’opération relève de l’e-invoicing ou de l’e-reporting.
- Si la facture payée par le collaborateur est établie au nom de l’entreprise : elle doit faire l’objet d’une facture électronique (e-invoicing).
- Si la facture payée par le collaborateur n’est pas établie au nom de l’entreprise : elle doit être déclarée par le fournisseur comme une opération B2C. Elle n’est pas concernée par l’obligation de facturation électronique (e-invoicing) mais est soumise au e-reporting.
- L’entreprise doit adapter ses processus internes pour gérer ces flux dans le cadre du nouveau cadre légal.
Qu’est-ce qu’une note de frais ?
Définition et exemples
Une note de frais est un document indiquant les avances de frais réalisées par un collaborateur dans le cadre de son activité professionnelle et pour lesquelles il sera remboursé par son entreprise. Il peut s’agir par exemple de frais de repas, de frais de déplacement (train, avion, taxi), de frais d’hébergement, etc.
Conditions pour qu’une dépense soit remboursable
Pour être valable, la dépense professionnelle doit être engagée dans le cadre de l’activité professionnelle du salarié, proportionnée et justifiée.
Pourquoi est-ce un cas particulier en facturation électronique ?
Contrairement à une facture classique, le payeur, le bénéficiaire et le titulaire de la facture ne sont pas toujours la même personne. Le collaborateur est, de fait, considéré comme un tiers payeur.
Dans le cas de la facturation électronique, il faut alors distinguer deux situations :
- Si la facture est établie au nom de l’entreprise : elle doit faire l’objet d’une facture électronique (e-invoicing).
- Si la facture est établie au nom du salarié : considérée comme une opération B2C, elle sera soumise à l’obligation d’e-reporting seulement.
Les notes de frais introduisent un tiers (« le salarié ») entre le fournisseur et l’entreprise, ce qui nécessite des règles spécifiques pour savoir si la facture doit être émise en e-invoicing ou simplement enregistrée en e-reporting.
Cas n°1 – La facture est établie au nom de l’entreprise
Ici, le salarié paie une dépense professionnelle (par exemple un hôtel, un repas ou des fournitures), mais demande au fournisseur une facture au nom de l’entreprise.
Conséquences en facturation électronique
La facture entre dans le champ de la facturation électronique B2B.
Le fournisseur doit transmettre une facture électronique à l’entreprise via une plateforme agréée (anciennement plateforme de dématérialisation partenaire – PDP).
L’entreprise reçoit la facture dans son système et peut :
- L’intégrer en comptabilité ;
- Récupérer la TVA ;
- Rembourser le salarié via la note de frais.
Illustration pratique
Un collaborateur règle une prestation (ex. chambre d’hôtel) et demande que la facture soit établie au nom de son entreprise. Le fournisseur émet pour l’entreprise une facture électronique via une plateforme agréée. L’entreprise reçoit et traite cette facture électroniquement, puis rembourse le salarié sur présentation de la note de frais.
Cas n°2 – Facture ou reçu au nom du salarié (e-reporting)
Ici, le salarié paie une dépense professionnelle et le fournisseur émet la facture ou le reçu au nom du salarié, sans mention de l’entreprise.
Conséquences en facturation électronique
Si la dépense est réglée au nom du salarié (et sans mention de l’entreprise dans la facture), la transaction est considérée comme une opération B2C (vente à un particulier). Ainsi :
- Le fournisseur ne génère pas une facture électronique B2B et l’entreprise ne reçoit donc pas une facture électronique structurée dans le cadre du dispositif d’e-invoicing.
- Le fournisseur déclare la transaction via e-reporting auprès de l’administration fiscale.
- L’entreprise rembourse le salarié sur la base du justificatif, mais la récupération de TVA est en principe impossible.
Illustration pratique
Un collaborateur règle un déjeuner ou un billet de train avec son propre nom sur le justificatif. Le fournisseur ne l’identifie pas comme une entreprise : il transmet les données en e-reporting et non en e-invoicing. L’entreprise remboursera ensuite le salarié sur la base du reçu.
En résumé :
| Facture au nom… | Type d’opération | Obligation | Conséquence pour l’entreprise |
| De l’entreprise | B2B | e-invoicing obligatoire | TVA récupérable |
| Du salarié | B2C | e-reporting uniquement | TVA non récupérable |
Points d’attention fiscaux et comptables
TVA déductible
Pour que l’entreprise puisse déduire la TVA, il faut que la facture soit établie à son nom et comporte les mentions obligatoires. Sans cela, la TVA n’est en principe pas récupérable (sauf tolérances particulières).
Plateformes agréées
Dans le cadre de la réforme, les flux de facturation électronique (e-invoicing) et de transmission de données (e-reporting) sont opérés via des plateformes agréées.
En savoir plus sur les plateformes agréées.
Remboursement interne
La note de frais reste essentielle pour le processus interne (justification, contrôle, remboursement), mais elle n’a pas d’impact direct sur la modalité d’émission électronique : c’est la facture justificative qui détermine l’obligation e-invoicing ou e-reporting.
Quels impacts organisationnels pour les entreprises ?
Avec la généralisation de la facturation électronique, les entreprises devront :
- Sensibiliser les salariés à l’importance du nom figurant sur la facture ;
- Adapter leurs procédures internes de notes de frais ;
- S’assurer que leurs outils (comptabilité, notes de frais, plateformes) sont compatibles avec les flux électroniques.
À partir de 2026, la facturation électronique devient obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA. Les notes de frais ne sont pas exclues : leur traitement dépend du nom figurant sur la facture justificative, déterminant si l’opération relève de l’e-invoicing (facture au nom de l’entreprise) ou de l’e-reporting (facture au nom du salarié). Dans ce contexte, les entreprises ont tout intérêt à anticiper l’impact organisationnel de la réforme, en sensibilisant leurs collaborateurs, en adaptant leurs procédures de notes de frais et en s’assurant que leurs outils sont compatibles avec les nouveaux flux de facturation électronique.
Oui. Les notes de frais ne sont pas exclues du dispositif. C’est la facture justificative qui détermine si l’opération relève de l’e-invoicing ou de l’e-reporting.
La TVA est récupérable uniquement si la facture est établie au nom de l’entreprise et respecte les règles de facturation.
La transaction est considérée comme une vente à un particulier (B2C). Le fournisseur effectue un e-reporting, et l’entreprise ne reçoit pas de facture électronique.


