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Quel statut juridique choisir pour créer une entreprise ?

13 déc. 2021 à 17:41Temps de lecture : 15 min
Rédigé par Anaïs Navarro

À l’instar du business plan, le choix du statut juridique est un passage obligé pour le chef d’entreprise qui souhaite créer une entreprise. EURL, SARL, SAS… Les structures possibles sont nombreuses, et possèdent toutes des avantages et des inconvénients selon votre projet ! C’est notamment en fonction du capital dont vous disposez, de la répartition des pouvoirs que vous envisagez mais aussi de la fiscalité attendue que votre choix doit se faire. Nous vous présentons ici les principaux statuts juridiques à votre disposition, avec leurs caractéristiques clés.

Quel statut juridique choisir pour créer une entreprise ?
13 déc. 2021 à 17:41Temps de lecture : 15 min
Rédigé par Anaïs Navarro

📌 Points clés à retenir :

  • Le choix du statut juridique conditionne la responsabilité de l’entrepreneur, la fiscalité appliquée et la protection sociale du dirigeant.
  • Les statuts varient selon que l’on entreprend seul (EI, micro-entreprise, EURL, SASU) ou à plusieurs (SARL, SAS, SA, etc.).
  • Certaines formes offrent une grande simplicité (EI, micro-entreprise), tandis que d’autres privilégient la souplesse (SAS/SASU) ou la sécurité (SARL/EURL).
  • Les structures spécifiques comme la SCI ou les SEL répondent à des besoins particuliers (gestion immobilière, professions libérales réglementées).
  • Un expert-comptable est le partenaire idéal pour vous aider à choisir le statut le plus adapté à votre projet et à vos objectifs.

Critères à prendre en compte pour choisir le bon statut juridique

Avant de détailler les différents statuts, il est essentiel de rappeler que le choix ne doit pas être pris à la légère. Chaque statut a ses spécificités et impactera la vie de l’entreprise au quotidien. Voici les principaux critères à prendre en compte :

  • Nombre d’associés : voulez-vous entreprendre seul ou avec d’autres personnes ?
  • Responsabilité : souhaitez-vous protéger vos biens personnels en limitant votre responsabilité aux apports, ou acceptez-vous d’être responsable sur l’ensemble de votre patrimoine ?
  • Régime fiscal : préférez-vous être imposé à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS) ?
  • Régime social du dirigeant : serez-vous affilié au régime des travailleurs non-salariés (TNS) ou assimilé salarié ? Le statut juridique impacte directement la protection sociale du dirigeant et le coût des cotisations sociales. Ce critère est souvent déterminant : il peut influencer non seulement votre rémunération nette, mais aussi la protection de votre famille et votre avenir à long terme.
  • Souplesse de fonctionnement : certains statuts offrent une grande liberté contractuelle (comme la SAS), d’autres sont plus encadrés par la loi (comme la SARL).
  • Projet de développement : votre société doit-elle pouvoir accueillir facilement de nouveaux investisseurs ?

Poser ces critères en amont permet d’orienter plus facilement le choix du statut juridique adapté à votre projet.

L’entreprise individuelle (EI)

Avec l’entreprise individuelle (EI), l’entrepreneur ne forme qu’une seule personne avec son entreprise. Un réel atout pour les personnes qui souhaitent entreprendre en solitaire et ainsi, disposer d’une grande liberté d’action. Les formalités de création et la gestion de l’activité sont également simplifiées en comparaison d’une société. Aujourd’hui, le statut d’entrepreneur individuel permet de protéger les biens personnels contre les créanciers.

Au niveau fiscal, les bénéfices sont imposés au nom de l’entrepreneur : ils sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des BIC ou BNC. Il est possible d’opter pour l’IS en demandant à être assimilé à une EURL.

Enfin, l’entrepreneur individuel est soumis au régime social des Travailleurs Non-Salariés (TNS), une protection qu’il est possible de compléter grâce à des assurances dédiées.

La micro entreprise

Le statut de la micro-entreprise est également une entreprise individuelle mais qui bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié. Pour bénéficier du statut de micro-entrepreneur, le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser un certain montant.

L’entreprise individuelle permet de profiter d’une véritable simplicité de fonctionnement, mais avec une protection des biens réduite. Pouvez-vous vous lancer avec cette forme juridique sereinement au regard de votre patrimoine ? S’agit-il d’une bonne idée pour votre projet et votre secteur d’activité ? Votre expert-comptable saura vous conseiller sur le choix le plus adapté à votre situation.

La société à responsabilité limitée (SARL)

Une SARL pour Société A Responsabilité Limitée, se compose d’au moins deux associés et au maximum de 100 associés. Ces associés peuvent être des personnes physiques ou morales.

La SARL est distincte de l’entrepreneur sur le plan juridique, ce qui permet une séparation des biens personnels et professionnels. A moins d’une faute de gestion, vos biens acquis de manière privée ne seront pas engagés pour régler des créanciers si votre entreprise est en difficulté. En effet, la responsabilité des associés est limitée aux apports qu’ils effectuent dans le capital de cette société. En cas de problèmes financiers, les éventuels créanciers ne pourront réclamer que le montant de l’apport ; les biens personnels sont donc protégés.

Une SARL est dirigée par un gérant (ou plusieurs), qui assure la direction de l’entreprise et a les pleins pouvoirs de gestion. Le gérant peut être majoritaire, égalitaire ou minoritaire selon le pourcentage de parts qu’il détient ; ou salarié de la structure s’il n’est pas associé de la SARL.

Si le gérant de la SARL est majoritaire, il est considéré comme TNS (Travailleur Non Salarié) et affilié à la Sécurité sociale des indépendants. S’il est minoritaire ou égalitaire, il est considéré comme assimilé salarié et affilié au régime général.

Avec une SARL, l’impôt sur les sociétés (IS) est la norme, mais une option pour l’IR est possible (sous conditions, et pour 5 exercices comptables). Dans ce cas, ce sont les associés qui paieront les impôts, et non la société, en fonction de leur part des bénéfices.

Tout savoir sur la SARL

Avec un certain formalisme à respecter, le statut de la SARL est adapté à une grande partie des projets de création d’entreprise. Vous ne devez toutefois pas le choisir par défaut mais par conviction. Un expert-comptable vous aidera à valider votre choix et à déterminer un capital, un régime fiscal et votre régime social de dirigeant.

L’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)

L’EURL, pour Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée, est en réalité une SARL constituée par un seul associé. Avec la SASU, c’est la seule forme permettant de créer une société seul (qu’il s’agisse d’une personne physique ou morale).

Tout comme pour la SARL, la responsabilité de l’associé est limitée aux apports de celui-ci dans le capital de la société, ce qui permet de protéger son patrimoine personnel.

Si l’associé unique est une personne physique, les bénéfices d’une EURL sont par défaut imposés à l’impôt sur le revenu (IR). Il est également possible d’opter pour une imposition à l’impôt sur les sociétés (IS). Si l’associé unique est une personne morale, les bénéfices sont par défaut imposés à l’IS.

Dans la majorité des cas, l’associé unique est le gérant de la société. Si le gérant est l’associé unique de l’EURL, il dépendra du régime social des travailleurs non-salariés (TNS). Si le gérant est un tiers, non associé de l’EURL, il dépendra du régime des assimilés salariés.

Tout savoir sur l’EURL

La société par actions simplifiée (SAS)

Une SAS est une Société par Actions Simplifiée (personne morale) obéissant aux règles des sociétés commerciales. Elle est composée généralement d’au moins deux associés, personnes physiques ou morales, sans maximum.

La SAS est une forme juridique qui permet à chacun des associés d’être responsables des dettes de la société uniquement à hauteur de leurs apports personnels.

Une SAS est dirigée par un seul Président qui dispose des pouvoirs les plus étendus au sein de la société et assure l’organisation de la SAS au quotidien. Le président de SAS est assimilé salarié et cotise au régime général de la Sécurité Sociale.

La SAS se caractérise par sa liberté de fonctionnement. En effet, les statuts de SAS sont par nature très souples car non strictement régies par la loi. Les associés décideront assez librement des dispositions statutaires régissant le fonctionnement et la gestion de la société (par exemple concernant les modalités d’adoption des décisions collectives).

Dans une SAS, c’est l’IS qui est la norme, avec une option possible pour l’IR (sous conditions et pour 5 ans.)

Tout savoir sur la SAS

La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)

La SASU, pour Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, est en réalité une SAS (Société par Actions Simplifiée) constituée d’un associé unique (personne physique ou morale).

Une SASU est dirigée par un président, associé unique de la société ou un tiers. Le président associé unique n’est responsable qu’à la hauteur de son apport au capital. Le président d’une SASU est considéré comme un assimilé salarié. De ce fait, il cotise au régime général de la Sécurité Sociale et bénéficie d’une protection sociale. Les bénéfices d’une SASU sont imposables par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS).Il est possible d’opter pour l’impôt sur le revenu (IR) sous certaines conditions et pendant 5 exercices comptables.

Tout savoir sur la SASU

Les SAS et SASU sont des formes juridiques pensées pour les projets avec plusieurs investisseurs, dès l’origine ou dans le futur. Ces statuts permettent une vraie souplesse de gestion. Quel capital fixer ? Comment bien répartir les responsabilités entre investisseurs ? Nous vous recommandons de faire appel à un cabinet d’expertise comptable qui saura vous apporter une réelle ajoutée et un conseil juridique.

La Société Anonyme (SA)

Plus adaptée aux entreprises de grande échelle, la société anonyme (SA) est composée au minimum de 2 actionnaires pour les sociétés non cotées en bourse, et de 7 actionnaires pour celles cotées en bourse. Pour créer une SA, le montant du capital social doit être au minimum de 37 000€.

Le Société en Nom Collectif (SNC)

La société en nom collectif (SNC) est une société dans laquelle les associés ont la qualité de commerçants. Elle est composée d’au minimum deux associés, qui sont responsables de manière solidaire et indéfinie des dettes de la société. Les associés de la SNC relèvent des TNS.

Une SNC est soumise à l’impôt sur le revenu (IR) : les bénéfices réalisés – qu’ils soient distribués ou non – sont imposés au nom personnel de chaque associé dans la catégorie dont relève l’activité de la société (BIC, BNC, revenus fonciers).

La Société en commandite simple (SCS)

La SCS est une forme de société peu répandue, qui se distingue par le type d’associés qui la compose : les associés commandités et les associés commanditaires. Une SCS se compose d’au moins un associé commandité et d’un associé commanditaire.

L’associé commandité a la qualité de commerçant et est celui qui gère la société. Sa responsabilité est indéfinie et solidaire. La part de bénéfices lui revenant est imposée à l’IR. Il relève du régime TNS.

L’associé commanditaire est un investisseurs qui finance la société et surveille la gestion. Sa responsabilité est limité à son apport dans le capital. La part de bénéfices lui revenant est imposé à l’IS. S’il exerce des fonctions effectives au sein de la SCS, il est assimilé salarié.

La Société en Commandite par Actions (SCA)

La SCA repose sur le même principe qu’une SCS, mais se compose au minimum d’un associé commandité et de 3 associés commanditaires.

La Société Civile Immobilière (SCI)

La Société Civile Immobilière (SCI) est une forme juridique spécifiquement destinée à la gestion, détention ou transmission d’un patrimoine immobilier. Elle doit être constituée par au moins deux associés, qui peuvent être des personnes physiques ou morales. L’objet principal d’une SCI n’est pas commercial, mais bien civil : elle permet par exemple d’acheter un bien immobilier à plusieurs, de gérer un parc locatif ou encore de préparer une transmission patrimoniale dans un cadre optimisé.

La responsabilité des associés dans une SCI est indéfinie et proportionnelle à leur part dans le capital social, ce qui signifie qu’en cas de dettes, chaque associé peut être sollicité personnellement. Sur le plan fiscal, la SCI est en principe soumise à l’impôt sur le revenu (IR), les bénéfices étant imposés directement entre les mains des associés selon leur quote-part. Cependant, une option pour l’impôt sur les sociétés (IS) est possible, ce qui peut être intéressant dans certains cas, notamment pour capitaliser les revenus au sein de la structure.

La SCI est particulièrement appréciée pour sa souplesse de gestion et sa capacité à organiser la détention d’un patrimoine immobilier sur le long terme, notamment dans un cadre familial.

Tout savoir sur la SCI

Les Sociétés d’Exercice Libéral (SEL, SELARL, SELAS, etc.)

Les Sociétés d’Exercice Libéral (SEL) ont été créées pour permettre aux professions libérales réglementées (médecins, avocats, experts-comptables, architectes, pharmaciens, etc.) d’exercer leur activité dans un cadre sociétal, tout en respectant les règles déontologiques propres à chaque profession. Ces structures reprennent le fonctionnement des sociétés commerciales classiques (SARL, SAS, SA, etc.), mais sont adaptées aux besoins spécifiques des professions libérales.

On distingue plusieurs formes de SEL : la SELARL (inspirée de la SARL), la SELAS (proche de la SAS), ou encore la SELAFA (équivalente d’une SA). Le choix de la structure dépendra notamment du nombre d’associés, de l’organisation souhaitée, de la gouvernance et du régime social du dirigeant. Les associés exerçant la profession libérale conservent la responsabilité liée à leur activité professionnelle, mais leur responsabilité financière est limitée à leurs apports dans la société.

Fiscalement, les SEL sont en principe soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), mais certaines peuvent opter temporairement pour l’impôt sur le revenu (IR). La SEL offre aussi un cadre attractif pour accueillir de nouveaux associés, structurer un cabinet ou faciliter sa transmission.

Découvrez notre tableau comparatif des formes juridiques pour les professions libérales :

Tableau comparatif des différents statuts juridiques

Statut Nombre d’associés Capital minimum Responsabilité Régime fiscal Régime social du dirigeant Avantages Inconvénients
EI / Micro-entreprise 1 Aucun Illimitée (protections depuis 2022) IR (option IS possible) TNS Création et gestion très simples, formalités allégées, régime micro attractif au démarrage Plafonds de chiffre d’affaires, pas de déduction des charges réelles (en micro)
EURL 1 1 € Limitée aux apports IR (option IS possible) Associé gérant = TNS / Gérant tiers = assimilé salarié Protège le patrimoine personnel, fiscalité modulable, structure rassurante pour les tiers Formalisme plus lourd qu’en EI, régime social TNS moins protecteur
SARL 2 à 100 1 € Limitée aux apports IS (option IR temporaire) Gérant majoritaire = TNS / Gérant minoritaire ou égalitaire = assimilé salarié Statut encadré et sécurisant, adapté aux projets familiaux ou entre associés stables Moins de souplesse dans les statuts, formalisme de gestion plus important
SAS 2 ou + 1 € Limitée aux apports IS (option IR temporaire) Président = assimilé salarié Grande liberté statutaire, régime social protecteur du président, attractif pour les investisseurs Cotisations sociales élevées, rédaction des statuts complexe
SASU 1 1 € Limitée aux apports IS (option IR temporaire) Président = assimilé salarié Souplesse de gestion, protection sociale du dirigeant, idéal pour se lancer seul puis accueillir des associés Coût social plus élevé qu’en EURL, plus de formalisme que la micro-entreprise

Choisir le bon statut juridique est une étape déterminante dans la création d’une entreprise. Entre l’entreprise individuelle, les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA…), les structures unipersonnelles (EURL, SASU), ou encore les formes spécifiques comme la SCI ou les SEL, chaque option présente des avantages mais aussi des contraintes. Le choix dépendra principalement de votre projet, du niveau de responsabilité que vous êtes prêt à assumer, de vos besoins en financement, de la manière dont vous souhaitez organiser la gouvernance, ainsi que de la fiscalité la plus adaptée à votre situation.

Parce qu’il n’existe pas de statut « universel », il est essentiel de prendre le temps d’analyser vos objectifs à court et long terme, et d’anticiper vos besoins de protection patrimoniale ou sociale. Dans ce cadre, l’accompagnement d’un expert-comptable est fortement recommandé : il saura vous guider dans ce choix structurant et vous proposer une solution alignée avec vos ambitions entrepreneuriales.

Notre conseil

Pour choisir la bonne forme juridique, sollicitez l’aide de votre expert-comptable qui saura vous expliquer en détails les atouts et les limites, au regard de votre projet. Aider les chefs d’entreprise à créer leur entreprise compte depuis toujours parmi les valeurs de CF.

Anaïs Navarro
Cet article a été écrit par
Rédactrice web en gestion d'entreprise
Anaïs Navarro
Anaïs est rédactrice web spécialisée dans les thématiques liées à l’entrepreneuriat : création d’entreprise, comptabilité, fiscalité ou encore paie. Issue d’une formation en communication, elle met son aisance rédactionnelle au service de la pédagogie et collabore régulièrement avec des experts métiers. Son objectif : rendre les sujets techniques accessibles à tous en les traduisant en conseils concrets, clairs et utiles.
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