Témoignage de Laure Malergue, Fondatrice et CEO de Displayce

Fondée en 2014 par Laure Malergue, la plateforme publicitaire Displayce, dédiée à l’affichage digital, met l’accent sur l’automatisation et le ciblage.

Quel a été votre parcours avant la création de Displayce ?

Après un master dans l’école de commerce bordelaise Kedge, j’ai travaillé pendant 8 ans chez Cdiscount, tout d’abord comme responsable de l’acquisition de trafic. À la fin je travaillais sur le multicanal, les synergies entre les magasins du groupe Casino et le site internet de Cdiscount.

Là, je me suis rendue compte qu’il est beaucoup moins facile de générer du trafic en magasin que sur le web, où plusieurs leviers permettent d’augmenter le nombre de visites, quasiment d’une minute à l’autre. Pour un point de vente physique, on utilise des communications offline qui doivent être travaillées longtemps à l’avance. Or, j’avais repéré des écrans d’affichage digital autour d’un magasin, mais il fallait les acheter de la même manière que pour une campagne d’affichage papier : dans tout Bordeaux, pour une durée d’une semaine, et deux semaines à l’avance. Impossible d’acheter quelques écrans autour du magasin, pour deux jours, la veille pour le lendemain, alors que le digital, débarrassé des contraintes matérielles du papier, devrait permettre cette réactivité et cette flexibilité.

Cette expérience a été un déclic ?

Oui, j’ai donc commencé à m’intéresser à l’affichage digital et à son usage dans d’autres pays.

J’ai alors décidé de créer un système qui permet d’acheter la publicité très rapidement et de manière aussi ciblée qu’on peut le faire sur internet : Displayce. Nous avons tout d’abord connecté une dizaine de réseaux d’affichage qui représentent 30.000 écrans en France, puis nous avons automatisé toute la chaîne, pour pouvoir acheter chaque écran du jour pour le lendemain et diffuser.

Quelle est l’étape suivante du travail ?

Pour que les campagnes soient ciblées, il faut attacher à notre réseau de panneaux des données d’audience, permettant de savoir qui sont les gens qui les voient, aussi bien les habitants de chaque zone que les gens qui y travaillent ou y passent. Le ciblage le plus évident est celui qui se base sur la géolocalisation : une chaîne qui veut générer du trafic nous donne la liste de ses magasins et un rayon de diffusion, et comme toute la donnée est préqualifiée sur notre plateforme, tout se passe en quelques clics. Mais nous allons plus loin et rencontrons énormément de fournisseurs de données.

Notre travail est d’alléger ces données et de les rendre activables pour des campagnes. Ainsi, il devient possible de cibler des populations spécifiques, en fonction de leur âge ou de leur catégorie socioprofessionnelle, par exemple.

La France est-elle en retard dans le domaine de la publicité extérieure numérique ?

Oui, environ 8 % de l’affichage est digitalisé dans notre pays, contre 30 % en Angleterre et presque 50 % aux États-Unis. C’est pourquoi il était important pour Displayce d’arriver tôt sur le marché, ce qui nous a permis de prendre une position rapidement. Depuis deux ou trois ans, les afficheurs traditionnels commencent à transférer leurs parcs papier sur du digital. En parallèle, de nouveaux acteurs arrivent, qui sont vraiment spécialisés dans le numérique. Ils constituent de nouveau réseaux, souvent très verticaux.

Que vous apporte votre partenariat avec la Compagnie Fiduciaire ?

Pour un jeune chef d’entreprise, il y a énormément de nouveaux domaines à appréhender. Le fait de pouvoir me reposer sur la Compagnie Fiduciaire pour tout ce qui concerne la comptabilité est important pour moi : cela me permet de me concentrer sur d’autres tâches importantes. En plus de  ça, c’est la Compagnie Fiduciaire qui m’a mise en relation avec certains investisseurs qui ont participé à ma levée de fonds.