Témoignage d’Arnaud Burgot, Directeur Général d’Ulule

Pour la plateforme Ulule, le financement participatif passe en premier lieu par un accompagnement des porteurs de projet, comme nous l’explique son directeur général, Arnaud Burgot.

Comment votre parcours vous a-t-il amené à rejoindre Ulule ?

Étant plus jeune, j’avais eu plusieurs discussions avec des entrepreneurs qui m’avaient expliqué que pour entreprendre, il fallait commencer par apprendre les bases : la comptabilité, la finance et le droit, des choses qui ne s’apprennent pas sur le tas. J’ai donc orienté mes études vers cesdomaines, puis j’ai travaillé en audit chez PricewaterhouseCoopers pendant 6 ans. Les dernières années, j’ai commencé à avoir la « bougeotte entrepreneuriale ». Avec un ami, j’ai travaillé sur un projet qui nous a amenés à rencontrer les fondateurs d’Ulule, alors qu’ils étaient en train de se lancer. De fil en aiguille, nous avons fini par les rejoindre dans cette aventure.

Qu’est-ce qui vous distingue d’autres plateformes de crowdfunding ?

La plus grosse différence que nous avons avec les autres acteurs, c’est que la plupart sont essentiellement des outils web. Certains sont totalement ouverts, d’autres font tout au plus de la modération. Nous, nous avons, derrière la plateforme, une équipe humaine d’accompagnement des projets, qui sont des experts en crowdfunding. Chaque projet a un coach attitré, un « success manager », qui va interagir avec le porteur de projet pour lui faire des recommandations. Nous avons développé des outils de coaching semi-automatique pour que ce soit gérable. Notre autre différence importante, ce sont les partenariats que nous mettons en place avec des entreprises et des institutions. C’est un moyen de rénover les pratiques de sponsoring, de mécénat et de communication.

Y a-t-il des types de projets, encore absents, que vous voudriez voir apparaître sur Ulule ?

Plutôt certains types d’acteurs, comme des PME déjà établies, même si elles n’ont pas besoin de financement. Le crowdfunding, c’est beaucoup plus que du simple financement. C’est un outil de création de confiance, de crowdsourcing, qui permet d’avoir avec ces publics une relation différente de la relation client classique. Or, peu de PME pensent à l’utiliser, pour le développement et le lancement de nouveaux produits, par exemple. Par ailleurs, dans le milieu musical, le crowdfunding est encore perçu comme réservé aux amateurs ou aux semi-pros, alors qu’il permet de passer de la post-monétisation d’un investissement à la pré-monétisation, ce qui fait sauter tous les intermédiaires de la chaîne. C’est une solution possible à la baisse des ventes d’albums.

Quels sont les facteurs qui font que les contributeurs donnent pour un projet ?

Les gens participent soit en raison d’un lien social avec le porteur de projet, soit par rapport à une dimension locale : les contributeurs soutiennent un projet proche de chez eux, dont ils vont pouvoir constater l’impact. Le troisième facteur, c’est leur passion pour une thématique : Ulule est ainsi devenu un acteur majeur dans le secteur du jeu de rôle, ce que je n’aurais pas imaginé au départ. Parfois, au sein d’une communauté de fans, la fin d’une campagne de crowdfunding devient un événement en soi, avec des centaines de personnes connectées sur le fil de discussion !

Que vous apporte la Compagnie Fiduciaire ?

Notre commissaire aux comptes, Guillaume Proust, connaît très bien l’univers des start-up. Il a souvent de bons inputs sur des outils pertinents pour le financement de l’innovation, et aussi sur certaines problématiques fiscales ou sociales que nous pouvons rencontrer. La Compagnie Fiduciaire nous donne du recul, un regard extérieur intéressant.